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Qu’est-ce qu’une bonne dataviz ?

Choisir la forme juste avant de la dessiner

Une datavisualisation réussie ne se remarque pas : on ne voit que ce qu’elle révèle. Une mauvaise attire l’attention sur elle-même, et pire, elle trompe. Pas seulement le lecteur — son auteur aussi, qui finit par croire ce que son graphique lui montre.

Qu’est-ce qu’une bonne datavisualisation ?

La question d’abord, la forme ensuite

Le réflexe le plus coûteux consiste à choisir un type de graphique avant de savoir ce qu’on cherche à dire. Or chaque question appelle sa forme.

  • Comparer des grandeurs : des barres. L’œil compare des longueurs bien mieux que des angles ou des surfaces.
  • Suivre une évolution : une courbe. Le temps se lit de gauche à droite, toujours.
  • Montrer une répartition : des barres empilées ou un treemap. Le camembert ne fonctionne qu’à deux ou trois parts.
  • Révéler une corrélation : un nuage de points.
  • Situer sur un territoire : une carte — mais seulement si la géographie porte l’information.

Ce dernier point mérite d’être insisté. Une carte est séduisante et souvent hors sujet : si vos données varient selon le secteur d’activité et pas selon la région, la carte ne montrera que la densité de population.

Les pièges qui trompent tout le monde

L’axe tronqué. Faire démarrer un axe des ordonnées à 95 plutôt qu’à 0 transforme une variation de 2 % en falaise. C’est le mensonge graphique le plus répandu, et il est souvent involontaire.

Le camembert à douze parts. Personne ne compare douze angles. Au-delà de trois ou quatre parts, une liste ordonnée est plus lisible.

La troisième dimension. Un graphique en 3D déforme les proportions par construction. Il n’ajoute jamais d’information, il en retire.

La couleur qui porte seule le sens. Environ 8 % des hommes distinguent mal le rouge du vert. Une information portée uniquement par ces deux couleurs est perdue pour eux.

Le test : cachez la légende et le titre. Si votre graphique ne raconte plus rien, c’est le texte qui faisait le travail, pas la visualisation.

La donnée avant le dessin

Une visualisation ne vaut que ce que vaut sa source. Avant de dessiner, il faut répondre à quatre questions : les données sont-elles complètes, sont-elles cohérentes entre elles, à quelle fréquence sont-elles mises à jour, et que fait-on des valeurs manquantes.

Cette étape est ingrate et déterminante. Il arrive que sa conclusion soit qu’il faut d’abord fiabiliser la collecte — et qu’aucune visualisation n’a de sens tant que ce n’est pas fait.

L’accessibilité n’est pas une option

Une dataviz accessible sert tout le monde, pas seulement les personnes handicapées.

  • Une alternative textuelle qui énonce ce que le graphique montre, pas ce qu’il est.
  • Le tableau de données sous-jacent, consultable.
  • Des contrastes suffisants, et jamais d’information portée par la seule couleur.
  • Une navigation au clavier pour les visualisations interactives.

La data sonification va plus loin : elle traduit la donnée en son. Une expertise rare, précieuse pour les publics que le graphique laisse de côté, et parfois révélatrice pour les autres — l’oreille perçoit des rythmes que l’œil manque.

Statique, interactive, animée

Une visualisation statique délivre un message unique. C’est le bon choix pour un rapport ou un article : le lecteur n’a rien à faire.

Une visualisation interactive laisse explorer : filtrer, zoomer, comparer. Elle suppose que le lecteur ait une question à poser. Sans question, l’interactivité est un décor.

Une visualisation animée montre ce qu’une image fixe ne peut pas dire : une bascule, un seuil franchi, une tendance qui s’inverse. Le mouvement doit porter l’information, pas la décorer.

Le vrai critère

Une bonne dataviz change une décision. Si votre tableau de bord n’a jamais fait changer d’avis personne, il ne sert à rien — quelle que soit sa beauté.

C’est pourquoi Limbus Studio commence toujours par la question avant les données, et par les données avant le dessin.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qui fait une bonne datavisualisation ?

Une bonne datavisualisation répond à une question précise avec la forme adaptée : des barres pour comparer, une courbe pour suivre une évolution, un nuage de points pour révéler une corrélation. Elle repose sur une source fiable, reste accessible, et change une décision. Si elle n’a jamais fait changer d’avis personne, elle ne sert à rien.

Quelle différence entre dataviz et infographie ?

Une infographie raconte une histoire figée, souvent illustrée. Une dataviz représente des données réelles et se met à jour quand elles changent. La dataviz suppose une source fiable et, souvent, une mise à jour automatisée.

Le camembert est-il un mauvais graphique ?

Il fonctionne à deux ou trois parts. Au-delà, l’œil ne compare pas des angles avec précision, et une liste ordonnée ou des barres deviennent plus lisibles.

Pourquoi ne faut-il pas tronquer l’axe d’un graphique ?

Parce qu’un axe qui démarre à 95 plutôt qu’à 0 transforme une variation de 2 % en falaise. C’est le mensonge graphique le plus répandu, et il est souvent involontaire : l’auteur finit par croire ce que son propre graphique lui montre.

Une datavisualisation peut-elle être accessible ?

Oui, et Limbus Studio y travaille systématiquement : alternative textuelle qui énonce ce que le graphique montre, tableau de données consultable, contrastes suffisants, information jamais portée par la seule couleur, navigation au clavier. La data sonification, qui traduit la donnée en son, va plus loin encore.

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